La délégation Silver ECO de retour du Japon…

 

Jérôme PIGNIEZ, dirigeant fondateur de SilverEco et des ageing Well International Awards a emmené avec lui une délégation d’acteurs de la Silver Eco française, mais pas seulement, au pays du soleil levant dont la pyramide des âges s’inverse. Beaucoup plus de séniors que de jeunes et une population qui devrait diminuer d’un tiers (!) d’ici la fin du siècle.

1 – Pourquoi avoir emmené une délégation française et étrangère à Tokyo ?

Au départ, l’idée est de faire en sorte que les SilverEco and Ageing Well International Awards, trophées que nous organisons dans le champs du bien-vieillir à l’international, puissent voyager et permettre de découvrir d’autre visions du vieillissement de la population à l’international.

Nous avons naturellement décidé d’opter pour le Japon en tant que « super ageing country ». Une destination plus qu’intéressante en matière de démographie et de vieillissement de la population bien sûr, mais aussi un pays qui mise fortement sur l’innovation et les technologies pour aider à faire face aux enjeux de la transition démographique.

 

2 – Quelles réponses sont apportées aujourd’hui aux questions du financement de la vieillesse et de la dépendance ?

« What we say is this: If population aging starts to make an impact before you become rich, you will not be able to take effective action »
C’est la déclaration de Taro Aso, Ministre des finances japonais, à l’attention des participants du G20 de Fukuoka qui s’est tenu la veille de notre événement au Japon. Taro Aso a alerté sur le fait que le financement de la dépendance est tel que seuls les pays riches pourront y faire face. Les réponses sont donc complexes et forcément plurielles.

Un des axes est le pari macro-économique de la Silver Economie, à savoir aider au financement de la dépendance en permettant de trouver des leviers de croissance économique via des produits/services à destination des « jeunes séniors ». Il y a donc certes un défi « dépendance » mais aussi une opportunité « silver économie ». Le cercle vertueux réside dans le fait de ne pas rater cette opportunité pour être à même de relever le défi économique et sociétal. Nous avons présenté cette approche à l’ensemble de nos interlocuteurs lors de ce voyage, avec je dois le dire une écoute attentive.

En termes de réponses adoptées au Japon pour financer la dépendance, une assurance dépendance est désormais obligatoire. Elle vient en support des aides étatiques. C’est d’ailleurs une des pistes les plus privilégiées dans tous les pays qui travaillent concrètement à des solutions de financement de la transition démographique. Le pays se base aussi beaucoup sur la communauté d’aidants, de « jeunes séniors » au service des plus dépendants, même si la pyramide des âges (inversée) annonce que cette communauté sera insuffisante dans les prochaines années. Enfin, parce que c’est en rationalisant les coûts qu’on dépense mieux les budgets disponibles, les dispositifs d’aides ont été simplifiés dans une logique de guichet unique piloté par un « care manager » dédié.

 

3 – Comment les actifs d’aujourd’hui comptent s’adapter face à la transition démographique spectaculaire de leur pays ?

Concernant les actifs au Japon, l’idée, somme toute évidente, est de rééquilibrer la balance retraités/actifs, tant que faire se peut…
Aussi on constate au Japon une promotion du travail des femmes, ce qui n’était pas culturellement inscrit dans la génération précédente.

Autre point qui frappe lorsque l’on atterrit au Japon, en tout cas pour les européens que nous sommes, c’est le grand nombre de travailleurs âgés. Plusieurs raisons convergent en faveur du travail des séniors : l’âge de la retraite qui a été reculé, la nécessité d’un complément de revenu à la retraite, le sentiment de faire quelque chose au sein de la communauté , le fait que les sociétés qui embauchent des travailleurs âgés bénéficient d’allègement de charges sociales, et enfin le fait que, pour la génération actuelle des retraités, les hommes travaillaient et les femmes étaient plutôt gestionnaires du foyer, soit un modèle de fonctionnement du couple qui s’avère difficile à casser du jour au lendemain…

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