Si les séniors d’aujourd’hui sont les plus heureux en comparaison aux générations précédentes, demeure pour eux une angoisse : LE TEMPS.

Bien sûr que vivre vieux et en relative bonne santé est un gain immense. Mais alors que les retraités d’avant le baby-boom savaient à peu près qu’ils profiteraient au mieux de 10 ans de retraite, ils pouvaient organiser leur quotidien en conséquence, notamment leur habitat et leur patrimoine. Tout est différent aujourd’hui.

1 – L’habitat

Avec une espérance de vie à 60 ans de près de 25 ans pour les hommes comme pour les femmes, les retraités d’aujourd’hui vont devoir apprendre à gérer le temps long. Surtout qu’ils sont nombreux : plus de 4 millions de personnes de 80 ans et plus à l’heure actuelle.

Alors comment prévoir l’évolution de son logement pour les 20/30/40 années à venir ? D’autant qu’à 80 ans, 96 % des personnes âgées résident chez elles.

C’est bien LA question cruciale que peu de retraités se posent pourtant : ma maison est-elle adaptable pour vieillir sereinement, malgré une perte d’autonomie progressive attendue ? Mon environnement social est-il proche et disponible ? Va-t-il le rester ? Ma commune offre-t-elle tous les services dont je peux avoir besoin ? Ai-je les moyens financiers de choisir mon lieu de vie aussi longtemps que possible ?

Ces questions ne sont pas anodines car : un retraité sur deux ne pourra de toute façon pas résider dans un EHPAD vu le montant de la pension comparée au loyer mensuel d’un EHPAD ; près d’un retraité sur deux vit seul à 80 ans et pour partie loin de sa famille ; un habitat non adapté est un risque de chute. Et chaque chute génère une perte d’autonomie. Enfin, rester chez soi c’est faire entrer plus d’accessoires, de technologie et de personnes pour délivrer les services nécessaires au maintien à domicile. Il faut encore l’accepter.

2 – Le patrimoine

L’incertitude de la longévité fait que le patrimoine des séniors n’est pas liquide. Pourquoi se séparer de tel bien ou d’une partie de leurs économies si dans 10 ans, 15 ans ou 20 ans ils doivent avoir besoin d’un bon pactole pour se soigner et/ou résider dans un habitat coûteux.

Comment faire face aux dépenses de la maison et/ou des charges de copropriété durant tout ce temps ?

Leurs économies prenaient de la valeur il y a 20 ans, mais maintenant c’est fini. Le livret A est un livret A-maigri et la fiscalité s’alourdit.

Et ils entendent plus parler de tout côté de hausse des prix, de dettes et de chômage que de croissance et d’emplois.

Alors leur patrimoine va rester prisonnier dans des bas de laine, quelle que soit la forme du bas. Ne ruisselleront qu’au compte-gouttes les aides ponctuelles aux enfants et petits-enfants car ils n’en restent pas moins généreux. Mais ils sont attentifs à ne jamais manquer d’argent, avec en tête, l’air et les paroles de la chanson « « Partis Pour Rester » de Cabrel, un boomer de 66 ans : « On est tellement bien ici, on va tout faire comme si, on était partis pour rester ».

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